La réglementation photovoltaïque B2B française a connu une accélération historique entre 2020 et 2026. Six textes structurants encadrent désormais la conception, l’installation, le financement et l’exploitation des centrales solaires sur bâtiments et fonciers d’entreprise. Cette densification réglementaire répond à l’objectif de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) : atteindre 100 GW de puissance photovoltaïque installée d’ici 2035, contre environ 22 GW fin 2025.
La Loi APER n°2023-175 du 10 mars 2023 dite « loi d’accélération de la production d’énergies renouvelables » a transformé la donne pour les acteurs B2B. Elle rend obligatoires les ombrières photovoltaïques sur les parkings extérieurs de plus de 1 500 m² et impose l’équipement solaire sur les toitures de bâtiments tertiaires neufs supérieurs à 500 m².
Quelle articulation avec le Décret Tertiaire ?
Le Décret Tertiaire (Éco Énergie Tertiaire, décret n°2019-771) impose -40 % de consommation d’énergie finale d’ici 2030, -50 % d’ici 2040 et -60 % d’ici 2050 pour tous les bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m². L’autoconsommation photovoltaïque est l’un des leviers comptabilisés sur la plateforme OPERAT de l’ADEME pour atteindre ces objectifs.
Quel cadre tarifaire pour la revente OA ?
L’Arrêté tarifaire du 6 octobre 2021 fixe les conditions d’achat de l’électricité photovoltaïque injectée par les installations ≤ 500 kWc. Au 1er trimestre 2026, le tarif OA est de 0,1276 €/kWh pour les installations ≤ 9 kWc en vente totale, et 0,0761 €/kWh en surplus pour les installations 36-100 kWc. La CRE révise ces tarifs chaque trimestre.
Et l’agrivoltaïsme ?
Le Décret n°2024-318 du 8 avril 2024 a précisé les conditions de qualification d’une installation comme « agrivoltaïque », distinguant les centrales au sol classiques des dispositifs apportant un service à l’activité agricole (ombrage, irrigation, protection grêle). Ce texte sécurise les projets sur foncier agricole et structure l’accès aux appels d’offres CRE dédiés.

