L’agrivoltaïsme désigne, au sens de l’article L.314-36 du Code de l’énergie, une installation photovoltaïque qui « contribue durablement à l’installation, au maintien ou au développement d’une production agricole » sans la dégrader. Cette définition légale, complétée par le décret n°2024-318 du 8 avril 2024, distingue clairement l’agrivoltaïsme d’une simple centrale au sol implantée sur des terres agricoles.
Pour qualifier juridiquement d’agrivoltaïque, l’installation doit apporter au moins l’un des quatre services suivants à la production agricole : amélioration du potentiel agronomique, adaptation au changement climatique, protection contre les aléas (gel, grêle), ou amélioration du bien-être animal. La recherche INRAE a démontré sur viticulture, élevage ovin et arboriculture des gains de rendement de 5 à 25 % sous panneaux dans certaines conditions.
Quelle différence avec le PV au sol agricole ?
Le décret distingue trois catégories : agrivoltaïsme (production agricole prioritaire, panneaux ajustables), photovoltaïque sur terrains incultes ou non exploités depuis 10 ans (autorisé), et photovoltaïque sur terres agricoles exploitées hors agrivoltaïsme (interdit hors documents d’urbanisme spécifiques). Le décret du 8 avril 2024 impose une commission départementale CDPENAF pour valider la compatibilité.
Quels gains pour l’exploitant ?
Selon les modèles, l’agriculteur perçoit un loyer foncier de 1 500 à 4 000 € par hectare et par an pour une mise à disposition de ses terres ou serres, sans dégrader sa production. Sur un domaine viticole de 30 hectares en agrivoltaïsme, ce sont 60 000 à 120 000 € de revenus complémentaires annuels, sans réduction du rendement viticole.

